Hygrométrie au bloc opératoire : humidité, température et ce que dit vraiment la norme (2026)
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Hygrométrie au bloc opératoire : humidité, température et ce que dit vraiment la norme (2026)

1 juin 2026 7 min de lecture IBODE Academy

« Il fait 24 ° et l’écran affiche 38 % d’humidité » — au bloc, ces deux chiffres ne sont pas que du confort. La maîtrise de la température et de l’hygrométrie fait partie intégrante du traitement d’air d’une zone à environnement maîtrisé. Mais contrairement à une idée répandue, la norme en vigueur n’impose pas « un » pourcentage d’humidité magique. Voici ce qu’elle dit vraiment, sources à l’appui, et le rôle concret de l’IBODE.

⚠️ Hygrométrie ≠ hydrométrie

L’hygrométrie mesure l’humidité de l’air (vapeur d’eau) — c’est elle qui compte au bloc. L’hydrométrie, elle, mesure les débits et niveaux des cours d’eau : rien à voir avec la salle d’opération. Le bon terme professionnel est donc hygrométrie, exprimée en humidité relative (% HR).

Hygrométrie : de quoi parle-t-on exactement ?

L’humidité relative (HR) est le rapport entre la quantité de vapeur d’eau contenue dans l’air et la quantité maximale qu’il pourrait contenir à une température donnée. Elle s’exprime en pourcentage. Point essentiel : elle dépend de la température. À quantité d’eau constante, si l’air se réchauffe, son HR baisse (il pourrait contenir davantage d’eau) ; s’il se refroidit, son HR monte. Température et hygrométrie se pilotent donc ensemble — c’est précisément l’objet de la climatisation, définie par la SF2H comme « l’ensemble des procédés permettant la maîtrise de la température et de l’hygrométrie relative dans un local » (SF2H, Qualité de l’air au bloc opératoire et autres secteurs interventionnels, 2015, URL : sf2h.net).

Ce que la norme exige vraiment au bloc

Le cadre de référence reste la norme NF S90-351 (version d’avril 2013), qui fixe les exigences de maîtrise de la contamination aéroportée des zones à environnement maîtrisé en établissement de santé ; c’est elle que cite l’avis le plus récent de la SF2H sur le sujet (SF2H, Avis n° 2018-02 du 23 mars 2018 relatif au traitement d’air au bloc opératoire, URL : sf2h.net). Les paramètres de classification d’une salle sont les suivants :

Classe de risque Classe particulaire Surpression Température Air
4 (le + exigeant) ISO 5 (sous flux) 15 Pa ± 5 Pa 19 – 26 °C Flux unidirectionnel (0,25–0,35 m/s) · air neuf ≥ 6 vol/h
3 ISO 7 15 Pa ± 5 Pa 19 – 26 °C Brassage ≥ 15 vol/h
2 ISO 8 15 Pa ± 5 Pa 19 – 26 °C Brassage ≥ 10 vol/h

(SF2H, Avis n° 2018-02 du 23 mars 2018, reprenant NF S90-351 d’avril 2013, URL : sf2h.net)

Regardez bien ce tableau : il fixe la classe particulaire (ISO), la surpression (15 Pa ± 5 Pa, pour pousser l’air « du propre vers le sale »), la température (19 à 26 °C) et les renouvellements d’air… mais aucune valeur d’humidité. Ce n’est pas un oubli, c’est l’histoire de la norme.

Dans la version 2003 de la NF S90-351, une hygrométrie de 45 à 65 % figurait bien parmi les objectifs des salles les plus à risque (classe 4). La révision de 2013 — celle en vigueur — a retiré cette exigence systématique : l’hygrométrie n’y reste un critère chiffré que pour des conditions particulières (par exemple en présence d’équipements sensibles) (NF S90-351, AFNOR, versions 2003 puis avril 2013 ; évolution documentée par les ingénieurs hospitaliers, Hopitech, 2014, URL : hopitech.org). C’est ce qui explique les chiffres contradictoires que l’on lit en ligne (« 45-65 % », « 40-75 % ») : ils reprennent le plus souvent l’ancienne version 2003.

Aujourd’hui, l’avis SF2H de 2018 confirme la logique de la version 2013 : la température, l’hygrométrie et la pression doivent être « maîtrisés comme il convient », sans pourcentage d’humidité imposé pour la salle standard — la valeur cible étant définie par le cahier des charges de l’installation et le protocole de l’établissement (SF2H, Avis n° 2018-02 du 23 mars 2018, URL : sf2h.net).

Ces paramètres ne sont d’ailleurs pas réglés une fois pour toutes : le bloc fait l’objet d’une qualification à la réception, puis d’une requalification périodique (généralement annuelle) réalisée par un organisme de contrôle. Celui-ci vérifie notamment l’empoussièrement (classe ISO), la cinétique d’élimination des particules, la surpression, la température et l’hygrométrie, selon les procédures d’essais et de réception définies par la norme (NF S90-351, AFNOR, avril 2013, URL : afnor.org).

📌 À retenir

La norme en vigueur impose de réguler et tracer l’hygrométrie — pas de retenir un pourcentage par cœur. La SF2H note d’ailleurs que, sous nos climats, le recours à des humidificateurs est « rarement nécessaire en France métropolitaine » (SF2H, 2015, URL : sf2h.net). À noter : une révision de la NF S90-351 est engagée, et la SF2H actualise progressivement ses recommandations — à surveiller pour les prochaines évolutions.

Pourquoi l’hygrométrie compte au bloc

Une humidité trop basse (air trop sec) favorise l’électricité statique (gênante près d’oxygène ou de produits volatils), assèche les muqueuses et l’œil de l’équipe sur de longues interventions, et augmente l’inconfort. Une humidité trop élevée expose au risque de condensation sur les surfaces froides, à une sensation d’inconfort thermique et, à terme, à des conditions plus favorables au développement microbien et fongique. L’objectif d’un traitement d’air bien réglé est donc de rester dans une plage maîtrisée, stable, sans à-coups.

Le rôle concret de l’IBODE

L’IBODE ne règle pas la centrale de traitement d’air — c’est l’affaire des services techniques et biomédicaux. Mais il est en première ligne pour surveiller, signaler et tracer :

  • Lire les paramètres affichés en salle (température, surpression, et selon l’installation, hygrométrie) en début de programme et au moindre doute.
  • Signaler toute dérive (porte qui ne maintient plus la surpression, alarme, condensation visible, valeurs hors plage) au service technique / biomédical, via la GMAO de l’établissement.
  • Préserver les conditions : portes fermées (le maintien de la surpression en dépend), bouches de soufflage et de reprise non obstruées, limitation des entrées-sorties.
  • Tracer : les paramètres et incidents s’inscrivent dans la démarche qualité-sécurité, en cohérence avec la check-list sécurité du patient au bloc (HAS, Check-list générique sécurité du patient au bloc opératoire, MAJ 23/05/2024, URL : has-sante.fr).
🧠 L’essentiel en une phrase

Au bloc, l’hygrométrie est un paramètre maîtrisé du traitement d’air (avec la température 19-26 °C, la surpression 15 Pa ± 5 et les renouvellements) : l’IBODE la surveille et signale les dérives — il ne court pas après un chiffre, il garantit la stabilité de l’environnement.

Pour aller plus loin

Sources de cet article (URLs vérifiées)

  • SF2H — Avis n° 2018-02 du 23 mars 2018 relatif au traitement d’air au bloc opératoire — sf2h.net
  • SF2H — Qualité de l’air au bloc opératoire et autres secteurs interventionnels (recommandations, 2015) — sf2h.net
  • NF S90-351 (AFNOR, avril 2013, révision en cours) — Établissements de santé · Zones à environnement maîtrisé · Maîtrise de la contamination aéroportée — afnor.org
  • Évolution des objectifs NF S90-351 (2003 → 2013) — présentation des ingénieurs hospitaliers (Hopitech, 2014) — hopitech.org
  • HAS — Check-list générique sécurité du patient au bloc opératoire (MAJ 23/05/2024) — has-sante.fr

Cet article est destiné à la révision IBODE. Il ne remplace ni les protocoles institutionnels de votre établissement, ni les recommandations en vigueur (HAS, SF2H, SFAR, Sociétés savantes), ni le cahier des charges de votre installation de traitement d’air. La valeur cible d’hygrométrie est définie par votre établissement. Vérifiez systématiquement les paramètres validés localement. L’illustration d’en-tête est une image d’ambiance générée par IA à visée pédagogique. Conforme protocole journalistique IBODE Academy v1.1.

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