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Recommandations professionnelles
SFAR · Recommandation Formalisée d'Experts

Prévention de l'hypothermie périopératoire

36°C, c'est la frontière — en dessous, la coagulation se dérègle, l'ISO triple, le confort patient s'effondre.

Publié 2018 Lecture ~5 min Fiche n° 08/15

L'hypothermie périopératoire est longtemps restée le grand impensé du bloc. La SFAR a publié en 2018 une recommandation formalisée d'experts qui érige le maintien de la normothermie au rang de geste de sécurité fondamental, au même titre que l'antibioprophylaxie ou la check-list. Sans prévention active, 50 à 90 % des patients sortent de salle en hypothermie — un chiffre qui paraît absurde tant le phénomène est sous-estimé. Pourtant, chaque dixième de degré perdu en dessous de 36 °C alourdit la morbidité postopératoire : infection du site opératoire multipliée, saignement majoré, troubles de coagulation, frissons, retard de réveil, inconfort durable. Pour l'IBODE, la lutte contre l'hypothermie est une vigilance continue, du préchauffage à la SSPI.

I.Cinq points
essentiels

Ce que tout IBODE doit retenir

01

Définition — seuil 36°C

L'hypothermie périopératoire se définit par une température centrale inférieure à 36°C. Sans prévention active, elle survient dans 50 à 90 % des anesthésies, principalement par redistribution thermique post-induction.

02

Préchauffage actif

Préchauffage 30 à 60 minutes avant induction par couverture à air pulsé. Ce geste réduit la chute thermique liée à la redistribution de chaleur du compartiment central vers la périphérie.

03

Maintien peropératoire

Couverture à air pulsé sur ≥ 50 % de la surface corporelle. Perfusions et solutions d'irrigation réchauffées entre 38 et 42°C. Limitation des expositions cavitaires inutiles.

04

Monitorage continu

Monitorage de la température centrale obligatoire dès qu'une anesthésie dépasse 30 minutes. Sites validés : œsophage, vessie, tympan, nasopharynx — la température cutanée seule ne suffit pas.

05

Conséquences documentées

Hypothermie = ISO multipliée par 3, saignement majoré d'environ 20 %, troubles de l'hémostase, frissons postopératoires, retard SSPI et inconfort durable. Coût direct et indirect majeur.

II.Implications
au bloc

Ce que ça change en pratique

IBODE Circulant

  • Vérification de la présence et du fonctionnement de la couverture chauffante en salle.
  • Préchauffage actif initié avant l'arrivée du patient en salle.
  • Surveillance continue de la température et ajustement du dispositif de réchauffement.

IBODE Instrumentiste

  • Limitation de l'exposition cavitaire — fermetures intermédiaires si phase prolongée.
  • Préparation des solutions d'irrigation réchauffées entre 38 et 42°C.
  • Alerte immédiate de l'équipe si la température centrale descend sous 36°C.

IBODE Aide opératoire

  • Traçabilité du monitorage thermique tout au long de l'intervention.
  • Coordination avec le MAR sur la stratégie de réchauffement (passive vs active).
  • Vérification du matériel de réchauffement post-opératoire en SSPI.
III.Sources
officielles

Lire l'original

  1. SFAR. Réchauffement peropératoire – Recommandations Formalisées d'Experts. Société française d'anesthésie et de réanimation, 2018.
    sfar.org/rechauffement-peroperatoire
  2. NICE. Hypothermia: prevention and management in adults having surgery (CG65). National Institute for Health and Care Excellence, 2008, mise à jour 2016.

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Cette fiche est une synthèse pédagogique des recommandations professionnelles citées. Elle ne se substitue ni aux protocoles institutionnels de votre établissement ni à l'avis d'un professionnel qualifié. Vérifiez toujours les versions à jour des sources originales.

IBODE Academy · Pilier 3 · Ressources · Bibliothèque · MAJ avril 2026