Arrêt Cardio-Respiratoire au Bloc Opératoire

Causes specifiques peranesthesiques de l ACR

Causes périanesthésiques de l'ACR

IBODE Academy
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Infographie — Causes périanesthésiques de l'ACR

Causes spécifiques périanesthésiques de l'ACR

Anesthésie et Pharmacologie

C1 · C2 · C5 · C6 Formation IBODE

Causes spécifiques périanesthésiques de l'ACR

Hypoxie, hypovolémie, troubles du rythme, embolie gazeuse : étiologies et prévention au bloc opératoire

🟡 Intermédiaire ⏱ 30 min Références UE 3 🎯 C3 · C7 Version 3.0 · Mars 2026

📌 Cette leçon en 3 points

  1. Comprendre les principes fondamentaux — Causes spécifiques périanesthésiques de l'ACR
  2. Connaître le rôle spécifique de l'IBODE dans cette prise en charge
  3. Appliquer les bonnes pratiques et protocoles au bloc opératoire
💡
Point clé IBODE
L'ACR périanesthésique : une urgence spécifique. L'arrêt cardiaque... L'IBODE joue un rôle central dans la détection précoce, la préparation du matériel d'urgence et la coordination de l'équipe.
📖
Auto-évaluation
  • Je connais les 4H et les 4T de l'ACR périanesthésique
  • Je sais identifier les Signes précurseurs d'un ACR périanesthésique (EtCO₂, SpO₂, ECG)
  • Je connais les causes spécifiques au bloc : embolie gazeuse, anaphylaxie aux curares, pneumothorax
  • Je sais préparer le matériel d'urgence et les médicaments de réanimation
  • Je comprends la différence entre rythme chocable et non chocable
  • Je sais quantifier les pertes sanguines et déclencher le protocole de transfusion massive

Définition et cadre

L'arrêt cardio-respiratoire (ACR) périanesthésique désigne toute interruption brutale de l'activité circulatoire efficace survenant entre l'induction anesthésique et la fin de la SSPI, en présence d'une équipe d'anesthésie. Son incidence est estimée à 0,5 à 1 pour 10 000 anesthésies en France (registre SFAR/CFAR). À la différence de l'ACR communautaire, il est presque toujours témoigné, monitoré et réversible si la cause spécifique est identifiée précocement. La leçon cible les étiologies directement liées à l'anesthésie (drogues, technique, ventilation, voie veineuse) par opposition aux causes chirurgiCalles ou aux comorbidités du patient.

Physiopathologie et mécanismes

Quatre grands mécanismes périanesthésiques dominent : hypoxémie (intubation œsophagienne non détectée, extubation accidentelle, obstruction du circuit, bronchospasme), collapsus cardiovasculaire (surdosage en hypnotiques ou halogénés, anaphylaxie aux curares ou aux antibiotiques, intoxication aux anesthésiques locaux), troubles du rythme (bradycardie vagale par traction péritonéale, allongement du QT par sévoflurane ou ondansétron, hyperkaliémie par succinylcholine sur dénervation), et causes mécaniques (embolie gazeuse en chirurgie laparoscopique, pneumothorax compressif sous ventilation à pression positive, embolie pulmonaire au déclampage).

Diagnostic et causes spécifiques

La démarche repose sur le mnémotechnique 4H–4T adapté au bloc (ERC 2021) : Hypoxie, Hypovolémie, Hypo/Hyperkaliémie, Hypothermie ; Toxiques (anesthésiques), Tamponnade, pneumothorax, Thrombose. Causes péranesthésiques majeures :

  • Anaphylaxie pér-anesthésique (1/10 000 à 1/20 000) : curares (rocuronium, suxaméthonium), latex, antibiotiques (céfazoline). Tableau : collapsus + bronchospasme + érythème ± œdème.
  • Intoxication aux anesthésiques locaux (LAST) : injection intravasculaire de bupivacaïne ou ropivacaïne lors d'ALR. Convulsions puis collapsus, troubles du rythme ventriculaire.
  • Hyperthermie mallergène : déclenchement par halogénés ou succinylcholine (voir leçons HM).
  • Embolie gazeuse : insufflation CO2 cœlioscopique, chirurgie en position assise (neurochirurgie).
  • Réflexe vagal : traction sur péritoine, fosse postérieure, globe oculaire, cervico-utérin.

Traitement

Application immédiate de l'algorithme ALS adulte ERC 2021 : massage cardiaque externe (MCE) à 100–120/min, 5 cm de profondeur, ventilation FiO₂ 100%, adrénaline 1 mg IV toutes les 3–5 min, défibrillation 200 J biphasique sur rythme choquable. Spécificités pér-anesthésiques : arrêt immédiat des halogénés en cas d'HM suspectée, sugammadex 16 mg/kg pour antagoniser un bloc rocuronium en cas d'anaphylaxie suspectée au curare, Intralipide 20% bolus 1,5 mL/kg puis 0,25 mL/kg/min pour LAST, exsufflation à l'aiguille pour pneumothorax compressif, position Dautrebande gauche pour embolie gazeuse.

Vérification par l'équipe : capnographe (la chute brutale de l'EtCO₂ sous 10 mmHg signe l'arrêt circulatoire), SpO₂, ECG continu, monitorage de la curarisation et BIS. La capnographie est la pierre angulaire du diagnostic périopératoire selon la SFAR.

Pièges

  • Confondre une bradycardie vagale autolimitée avec un ACR : l'EtCO2 et le pouls fémoral palpé tranchent.
  • Oublier que la dose d'adrénaline en anaphylaxie (50–100 µg IV titrée) diffère de la dose ACR (1 mg).
  • Sous-estimer le rôle de la position chirurgicale (Trendelenburg inversé, décubitus ventral) qui peut empêcher un MCE efficace.
  • Mettre fin trop vite à la réanimation : un patient anesthésié, normothermique, peut récupérer après 30–45 min de RCP de qualité.

Implications IBODE — pratique au bloc

Circulant : déclenche l'alerte (téléphone interne, code bloc), apporte le chariot d'urgence et le défibrillateur, note l'heure de l'arrêt et de chaque injection d'adrénaline, prépare les drogues (adrénaline, Intralipide, sugammadex, atropine), gère la communication avec la pharmacie et le réanimateur d'astreinte. Vérifie la date de péremption du dantrolène et de l'Intralipide en début de programme.

Instrumentiste : maintient la stérilité du champ, protège la plaie opératoire avec des champs stériles imbibés de sérum tiède si l'intervention doit être interrompue, conserve les compresses comptées, garde l'instrumentation prête pour reprise rapide ou massage cardiaque interne (thoracotomie d'urgence). Sur ACR de cause hémorragique, prépare immédiatement clamps vasculaires et compresses de tamponnement.

Aide opératoire : se substitue ou complète l'instrumentiste, réalise le MCE si la position le permet (en alternance toutes les 2 min), aide à mettre le patient en décubitus dorsal sur plan dur, déplace les écarteurs et arceaux gênants. En décubitus ventral, alerte sur l'impossibilité d'un MCE efficace : retournement urgent à exiger.

Référentiels

  1. European Resuscitation Council Guidelines 2021 — Adult Advanced Life Support, Soar et al., Resuscitation 2021.
  2. SFAR — Recommandations Formalisées d'Experts "Réduction de la mortalité associée à l'anesthésie", 2019.
  3. SFAR/CFAR — Registre des accidents pér-anesthésiques.
  4. SFAR — RFE "Anaphylaxie peranesthésique", 2017 (mise à jour 2023).
  5. ASRA — Guidelines sur Local Anesthetic Systemic Toxicity, 2020.
  6. Décret n° 94-1050 du 5 décembre 1994 relatif à la sécurité anesthésique (SSPI).
  7. Arrêté du 27 avril 2022 relatif à la formation IBODE — compétences C1 à C9.

🧠 Flashcards de révision

🟢 Basique
Quelles sont les 4H et 4T de l'ACR périanesthésique ?
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4H : Hypoxie, Hypovolémie, Hypo-/hyperkaliémie, Hypothermie. 4T : Thrombose (coronaire ou pulmonaire), Tamponnade, Pneumothorax sous tension, Toxiques (anesthésiques, médicaments). Ce moyen mnémotechnique guide la recherche étiologique systématique pendant la réanimation
🧠 4H-4T : Hypoxie, Hypovolémie, K⁺, Hypothermie / Thrombose, Tamponnade, Pneumothorax sous tension, Toxiques
(ERC, 2021)
🟢 Basique
Comment l'hypoxie provoque-t-elle un ACR au bloc opératoire ?
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L'hypoxie périanesthésique survient par : intubation œsophagienne, obstruction des voies aériennes (bronchospasme, laryngospasme), débranchement du ventilateur, intubation sélective (bronche souche droite). La PaO₂ chute, entraînant une bradycardie puis une asystolie. L'IBODE vérifie la capnographie (EtCO₂ = 0 si intubation œsophagienne)
🧠 Capnographie (EtCO₂ = 0 si intubation œsophagienne)
(SFAR)
🟢 Basique
Quelle est la première cause d'ACR périanesthésique hémorragique ?
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L'hypovolémie par hémorragie massive non compensée. Causes chirurgicales : plaie vasculaire majeure, lésion splénique, hépatique ou aortique. Seuils critiques : perte > 30% masse sanguine = tachycardie + hypotension, > 40% = ACR imminent. L'IBODE quantifie les pertes (aspiration, compresses, lavage).
🧠 Perte > 40% masse sanguine = ACR imminent
(SFAR)
🟢 Basique
Comment l'embolie gazeuse provoque-t-elle un ACR ?
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L'air entre dans la circulation par une brèche veineuse en pression négative (position assise en neurochirurgie, chirurgie hépatique, CEC). 3 à 5 mL/kg d'air = ACR. Le gaz bloque l'éjection du ventricule droit (air lock). Signes : chute brutale de l'EtCO₂, désaturation, souffle en « roue de moulin » à l'auscultation.
🧠 3 à 5 mL/kg d'air = air lock ventriculaire droit
(SFAR)
🟡 Intermédiaire
Quels troubles du rythme causent un ACR périanesthésique ?
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Fibrillation ventriculaire (FV) et tachycardie ventriculaire sans pouls (TVsp) : Causes : Asystolie et activité électrique sans pouls (AESP) : non chocables. Causes : hyperkaliémie (transfusion massive, garrot prolongé), stimulation vagale (traction péritonéale, oculocardiaque), médicaments (bupivacaïne, succinylcholine)
🧠 FV/TVsp = chocables, Asystolie/AESP = non chocables
(SFAR)
🟡 Intermédiaire
Qu'est-ce que le réflexe oculocardiaque et comment le prévenir ?
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Bradycardie brutale (voire asystolie) par stimulation vagale lors de la traction sur les muscles oculomoteurs. Fréquence : 50-90% en chirurgie du strabisme. Prevention : atropine IV (20 µg/kg) préemptive, injection péribulbaire, arrêt immédiat de la traction si bradycardie < 50/min. L'IBODE surveille le monitoring
🧠 Traction muscles oculaires = bradycardie vagale, atropine IV
(SFAR)
🟡 Intermédiaire
Comment le pneumothorax compressif provoque-t-il un ACR ?
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Air dans la cavité pleurale sous pression : le poumon s'affaisse, le médiastin se déplace, les veines caves se compriment, le retour veineux chute, le débit cardiaque s'effondre. Causes au bloc : traumatisme thoracique, pose de voie centrale, ventilation mécanique à haute pPneumothorax, chirurgie thoracique. Traitement : exsufflation à l'aiguille puis drain thoracique
🧠 Exsufflation à l'aiguille en urgence, 2ᵉ espace intercostal
(SFAR)
🟡 Intermédiaire
Qu'est-ce que la tamponnade cardiaque péranesthésique ?
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Épanchement péricardique compressif : le liquide (sang, sérosité) comprime les cavités cardiaques, empêchant le remplissage diastolique. Causes au bloc : perforation cardiaque (KT central, pacemaker), chirurgie cardiaque, dissection aortique. Triade de Beck : hypotension + turgescence des jugulaires + bruits du cœur assourdis. Traitement : péricardiocentèse ou sternotomie de sauvetage
🧠 Triade de Beck : hypotension + jugulaires + bruits du cœur assourdis
(SFC)
🟡 Intermédiaire
Quel est le rôle de l'anaphylaxie dans l'ACR au bloc ?
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Le choc anaphylactique est la 3e cause d'ACR périanesthésique. Agents : curares (60 % des cas, surtout succinylcholine et rocuronium), antibiotiques, latex, chlorhexidine, colorants. Mécanisme : vasodilatation massive + bronchospasme + œdème. Traitement : adrénaline IV titrée (10-100 µg), remplissage vasculaire massif
🧠 Curares = 60% des anaphylaxies, adrenaline IV titree
(GERAP)
🔴 Avancé
Comment l'hyperkaliémie provoque-t-elle un ACR ?
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K+ > 6.5 mmol/L : risque FV ou asystolie. Causes au bloc : transfusion massive (sang stocke riche en K+), garrot prolonge (libération lors du relâchement), insuffisance renale, rhabdomyolyse, succinylcholine (liberation K+ musculaire). ECG : ondes T pointues, élargissement du QRS. Traitement : chlorure de calcium IV, insuline-glucose, bicarbonates
🧠 K+ > 6.5 mmol/L = ondes T pointues puis FV
(SFAR)
🔴 Avancé
Quelle est l'incidence de l'ACR péranesthésique en France ?
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Environ 1 pour 10 000 à 1 pour 20 000 anesthésies. Mortalite : 50-70 % malgré la réanimation. Les causes les plus fréquentes sont : hémorragie (35%), problème respiratoire (25%), cause cardiaque (20%), anaphylaxie (10%). La mortalité a diminue de 10 fois en 30 ans grâce au monitorage Aux protocoles standardises
🧠 1/10 000 a 1/20 000 anesthésies, mortalité 50-70%
(SFAR)
🔴 Avancé
Quel monitorage permet de détecter précocement un ACR imminent ?
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Capnographie (EtCO₂) : signe le plus précoce (chute brutale = bas débit). SpO₂ : désaturation (retard de 30 à 60 s). ECG : troubles du rythme, sus- ou sous-décalage ST. PA invasive : chute en temps réel. BIS : chute en cas de bas débit cérébral. NIRS : oxymétrie cérébrale. L'IBODE surveille et alerte sur toute anomalie.
🧠 EtCO₂ = signe le plus précoce, SpO₂ = retard de 30 à 60 s
(SFAR)

📝 Quiz disponible dans l'onglet suivant.

Testez vos connaissances avec les QCM — notés et suivis dans votree progression.

Références, sources officielles et mention de responsabilité.

📚 Pour aller plus loin :

  • Anesthésie et Pharmacologie
  • Hyperthermie Maligne
  • Gestion des Risques et Qualité
⚠️ Avertissement pédagogique

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Dernière mise à jour : mai 2026 · Version 2026-05-22-v2